Tahitien fûté voyageur activités,dans les îles Les 4 secrets de la Vallée de la vanille

Les 4 secrets de la Vallée de la vanille

La vanille est la seconde épice la plus chère  au monde après le safran. C’est également en Polynésie que l’histoire de l’or noir de Tahiti a érigé tout son patrimoine. Par exemple, sur Tahaa où réside la Vallée de la vanille, est une propriété localisé en montagne à proximité de Faaaha. Depuis sa création en 2004, le domaine appartenant à Moeata et Brian est devenu un incontournable site touristique à ne pas manquer lorsque vous visiterez Tahaa. Laissez-moi vous faire découvrir la renommée de cette fine gousse afin de révéler les 4 secrets que recèle cette vallée de la vanille. 

1 – L’histoire de la vanille

nous vient de loin

Pour résumer, la vanille vient du Mexique. Découvert par Hernan Cortes en goûtant une boisson chocolatée à la vanille en 1519, il en rapporta en Europe pour la cultiver mais sans succès. En fait, la vanille aime en général le climat tropical, chaud et humide dont les températures varient entre 20 et 30°.

Le procédé de pollinisation artificielle fut découvert tardivement en 1841 par Edmond Albius, un esclave réunionnais de 12 ans. Cette méthode qui s’applique encore aujourd’hui a fait exploser la production de vanille.

Elle fût ensuite importée un peu partout à  Madagascar, l’île de la Reunion, Ouganda, la Tanzanie, l’Inde, l’île Maurice, la Papouasie Nouvelle-Guinée, Tonga, Tahiti… A ce niveau là, en Polynésie la vanille s’est cultivé dans la quasi-totalité des îles sous le vent sur Tahiti, Raiatea, Huahine et Tahaa.

Et la vanille de Tahiti  ? 

3 personnes sont liées à l’importation de certaines variétés :

  • En 1848 par l‘Amiral Ferdinand Hamelin introduisit la Vanilla Aromatica (Odorata)
  • L’amiral Adolphe Bonnard importa la Vanille Planifolia (Fragans) et Pompona en 1950.
  • ou encore le commandant Octave Bernard Gilbert-Pierre qui rapporta d’autres vanilla Fragans en 1874. 

La vanira Tahiti connue sous le nom Vanilla Tahitensis est née du croisement des différentes variétés donnant ainsi à la gousse ces spécificités aromatiques très complexes.

2 – Art ancestral et préparation

Comment pousse la vanille ?

D’une part on distingue la plantation en serre sous-ombrière et d’autre part la plantation traditionnelle aperçu chez Moeata et Brian. Comme l’illustre les photos, appartenant à la famille des orchidées, la vanilla tahitensis est une plante épiphyte. Cela signifie que les lianes grimpantes se développe en s’accrochant aux supports sans fruits (pignon d’inde, acacias ou figuiers) facile à tailler.

Certes, la vanille a besoin d’ombre grâce aux branches mais réclame aussi de l’humidité. Pour cela, des bourres de coco sont entreposées à la base des tuteurs. La plantation artisanale installée en pente draine les plants au risque de pourrir.

Les plants de vanille doivent se régénérer toutes les décennies. Pour cela, on fait du bouturage à savoir couper une liane entre 60cm à 1m20 qu’on replante  accrochée à un nouveau tuteur. Plus tard, cette liane donnera ses premières fleurs au bout de 2 ans. À ce niveau là, le processus de pollinisation appelé le mariage se pratique uniquement à la main.

La fleuraison

 

Pendant la floraison de juin à novembre, la fleur de vanille s’ouvre une seule fois entre 4h du matin à 13h. Au Mexique, seuls la mélipone une abeille ou un colibri fécondent la fleur, ce qui n’est pas le cas en Polynésie. Voilà pourquoi le vaniculteur procède artificiellement en mariant la fleur à l’aide d’un objet à pointe fine. Une fleur donnera neuf mois plus tard une gousse de vanille.

Patience

Contrairement à la vanille « bourbon », notre vanira Tahiti est indéhiscente. Autrement dit, n’éclate pas à maturité et peut même être récoltée chocolatée. Verte, jaune ou marron inodores et mesurant 13 à 22 cm, les capsules sont parfois cueillies vertes à cause des oiseaux et insectes. 

 

Ensuite vient le séchage et l’étuvage. Les gousses enveloppées dans des tissus en coton blanc sont entreposées, brassées et retournées sur desséchoirs. Tantôt elles sont placées dans des caisse en bois, tantôt aérées à l’abri du soleil évitant ainsi les moisissures. L‘unique but est de les chauffer afin de les faire transpirer.

Dépendant du temps, leur exposition quotidienne au soleil dure 1 à 3 heures et cela pendant 3 mois. Les gousses doivent du moins perdre 50% d’eau en vue d’affiner l’arôme et donner une explosion de saveur anisée, de cacao ou de caramel. Elles sont alors marron foncées souples, brillantes, grasses ou quelquefois recourbées.

Massage

Par la suite, les femmes notamment massent délicatement chaque gousse à la main. Cette tâche requiert un soin et une attention particulière de manière à :

  • redresser celles tordues après maintes usage
  • répartir équitablement les graines sur toute la gousse
  • briser les capsules en évacuant le reste d’humidité pour en dégager les arômes

et calibrage

Pour terminer, les gousses sont calibrées en fonction de la longueur avant d’être conditionnées pour la vente.

3 – Ce qu’on apprend sur l’écorce de vanille

Reconnue mondialement, la vanille profite à de nombreux domaines comme la parfumerie, la médecine et l’alimentation. Il faut souligner que ce produit de luxe est comestible et énormément utilisé dans la préparation de mets et desserts. Les grands restaurateurs et pâtissiers du monde en raffolent à cause de ses particularités aromatiques.

Par exemple un morceau de 2 cm suffit pour aromatiser vos desserts (pâte à crêpe, gâteau, yaourt, crème, sauce…) et confitures. Sans l’entailler après usage, il faut juste le rincer, sécher et éventuellement réutiliser encore plusieurs fois.

Comment se conserve-t-elle ?

La meilleure conservation est de mettre votre vanille :

  1. dans un contenant hermétique en verre (bocal, bouteille, pot…)
  2. avec 3 cm de fond d’alcool (rhum, liqueur…)
  3. entreposé à l’abri de la lumière
  4. et surtout pas dans le réfrigérateur. 

Les produits dérivés de la vanille

Les capsules déclassées (tordue, sèche ou trop petite) sont transformées en produits dérivés. Non seulement l’arôme diffère cecidit le goût reste identique. 

  • Macérez totalement la vanille avec de l’alcool à 30% : vous obtiendrez de l‘essence de vanille.
  • La poudre de vanille est le résultat de morceaux découpés, déshumidifiés et broyés.
  • Conservable 10 ans au frigo, le concentré vanillé mélangé à de l’essence produit la pâte de vanille et non de la pâte à tartiner.

La boutique

Pour terminer dessus, libre à vous de visiter la boutique. Vous trouverez là un éventail d’articles exclusivement produit à la vallée de la vanille comme :

  • des gousses (de 100gr, 500gr et 1kg)
  • de l’essence, la poudre, l’extrait, la pâte
  • du rhum, du monoï, du miel
  • de l’huile et de la pommade de Tamanu
  • des vêtements et autres produits made in fenua

Par ailleurs, la vallée de la vanille exportent aussi bien en France qu’au Danemark.

4 – Un « travail d’orfèvre »

Pourquoi coûte-elle si chère ?

Parce qu’il faut lui consacrer beaucoup de temps et une attention très particulière avant de l’apprécier. Laissez le temps au temps avant de pouvoir récolter le fruit de ce dur labeur.

Pratiquement toutes les tâches sont faites manuellement et exigent un savoir faire d’expert exercé depuis plus de 100 ans.

La vallée de la vanille rachète aussi aux agriculteurs lors des ventes de vanille vertes nature afin de préparer et transformer les gousses en produit noble aux arômes anisé, chocolaté ou caramélisé.

Mentionnons que pour exercer cette activité, Moeata possède un brevet de préparateur de vanille. Ce métier règlementé permet ainsi de garantir un haut niveau de qualité de la vanille.

Pour toute informations ou commande, n’hésitez pas à les contacter directement soit par téléphone au 40 65 74 89 ou par mail  brianhansen.tahaa@gmail.com 

En résumé

Ce que j’ai apprécié lors de ma visite :

  • L’enthousiasme des hôtes de partager patrimoine et culture
  • Le cours sur la vanille est très instructive
  • Le parfum délivré aux différents lieux (explication, stockage, boutique, séchage)
  • L’artisan, le professionnel et le travailleur ne font q’un pour offrir un travail de qualité exceptionnel

Merci à Moeata et Brian de m’avoir permis d’écrire un article sur la vallée de la vanille.

J’espère que l’article vous a plu. N’hésitez pas à laisser un commentaire ou à le partager.
En attendant,

Voyagez fûté et A ori maita’i !

 

Partager l'article

Laisser un commentaire